Atelier Tenzo Kyokyun - Maredsous 2012

L'esprit du geste (en cuisine) dans toutes les langues

Konrad Maquestieau

Cet été à Maredsous en 2012, nous avons traité du texte “Tenzo Kyokun” de Dogen en petit groupe. Comme tous les textes de Dogen celui-ci intrigue, inspire, questionne, étonne, exaspère (“mais quand le tenzo dort-il quand je lis son emploi du temps?!?” s'exclama un des participants) jusqu'à carrément provoquer avec des koans crus (le moine qui renverse la marmite de riz en guise de réponse à la question du Maître: “est-ce que vous séparer le riz du sable ou le contraire ?”)...

maredsous2012-1Du Dogen pur: un grand cru!

Ce texte figure dans les règles de Eihei-Ji que Dogen rédigea très vite après son retour de Chine. Il décrit les fonctions du responsable de la cuisine dans un monastère zen. Comme nous avons pû le constater ce texte n'est pas un manuel technique (quoi qu'il y ait des aspects technique très surprenants, comme par exemple dans la façon exacte de compter la quantité de riz pour le repas du matin selon le nombre de moines dans le monastère...) mais un appel à la réflexion concernant notre propre pratique de moine/nonne dans un contexte de communauté.

Comme dans le zen cela se passe principalement au travers de gestes et de rituels. De tous les lieux du monastère, la cuisine est peut-être l'endroit où de façon la plus limpide, la plus nette, la plus tranchante parfois se manifeste son propre état d'esprit en résonance avec celui de l'équipe. Rien n'est caché dans la cuisine! On ne fait pas ce qu'on veut.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit !

Parfois j'entends dire qu'il n'est pas nécessaire de vouloir essayer de faire la cuisine comme au temps de Dogen (le Moyen-Age japonais). Bien entendu il ne s'agit pas, encore une fois, de déceler dans le texte les “recettes” de cuisine d'autrefois. Mais il est bien, pour appronfondir sa pratique d'aujourd'hui, de faire un effort pour comprendre comment les moines d'antant pratiquaient la cuisine. Car cela est toujours actuel.

Notre atelier a été un moment chaleureux et intime où nous avons souvent échangé nos expériences mutuelles dans la cuisine et... sur notre zafu. Avec parfois des grands éclats de rire et des moments d'intense silence où à cinq nous scrutions les grands arbres de Maredsous comme si on voulait y trouver une réponse, un signe, un échange...

Ah oui, encore une chose. Comme nous avions plusieurs traductions dans différentes langues à notre disposition nous avons parlé toutes les langues nécessaires pour bien appronfondir la chose: le français, le néerlandais, l'anglais et parfois deux ou trois mots d'allemands pour épicer le tout! Ce fût un régal.

Ce fût du zen avec l'esprit de “la joie de vivre”.

Mots-clés: Konrad Kosan Maquestieau

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